Le PIP s’associe à ITC et FPEAK pour un atelier sur la gestion du carbone et de l’eau
Les labels indiquant les émissions de dioxyde de carbone associées à la fabrication et au transport des produits sont apparus pour la première fois en 2007, en Grande-Bretagne. Depuis, si elle ne s’est pas encore imposée, l’utilisation de cet étiquetage a néanmoins augmenté: en Grande-Bretagne par exemple, en 2010, les ventes de produits portant le label « carbone » ont dépassé le total des ventes de produits bio et issus du commerce équitable. Le concept d’empreinte se propage à d’autres domaines où la production et la consommation ont une incidence sur la durabilité et l’environnement : c’est le cas notamment de l’empreinte eau. L’idée qui sous-tend cette éco-labellisation est de permettre aux consommateurs d’identifier les produits «verts» (et aux enseignes de se livrer une concurrence dans ce domaine) laissant la plus petite empreinte environnementale. En pratique, le concept d’empreinte est de plus en plus reconnu et apprécié en tant qu’outil grâce auquel les opérateurs de la chaîne alimentaire identifient et ciblent les «points clés» en termes de carbone et d’environnement, leur permettant des économies d’énergie et de coûts et de préserver leur réputation.
L’utilisation de cet étiquetage indique une tendance à la hausse et se développe rapidement sur la scène internationale. Certains bénéficiaires du programme PIP enregistrent déjà des demandes de la part de leurs acheteurs européens. Les répercussions précises de ces nouveaux développements sur les producteurs et les exportateurs des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) ne sont pas encore claires. Toutefois, il est essentiel, à ce stade, que le secteur se donne les moyens de répondre aux nouvelles demandes et d’influencer leur contenu. Pour étudier la question, le COLEACP-PIP s’est associé à l’International Trade Centre (ITC) et à l’Association des exportateurs de produits frais du Kenya (FPEAK) pour organiser un atelier au Kenya les 8 et 9 décembre sur la gestion du carbone et de l’eau dans le secteur horticole.
L’atelier s’est penché sur les questions suivantes: quels acheteurs sont demandeurs, ou sont susceptibles de le devenir? S’agit-il d’une charge financière supplémentaire et d’un obstacle à l’accès au marché pour les fournisseurs ACP, ou s’agit-il d’une opportunité de produire de manière plus efficace et durable et d’accéder à des marchés de niche? Concrètement, comment une entreprise ACP pourrait-elle mesurer son empreinte carbone et qui peut lui apporter conseils et assistance? Comment les normes existantes telles que GLOBALGAP, Rainforest Alliance et FLO prennent-elles en compte la gestion du carbone et de l’eau?
Des experts locaux et internationaux ont informé les acteurs clés du secteur kényan des produits frais des derniers développements en matière de gestion du carbone et de l’eau. Les débats se sont organisés autour des principaux défis auxquels sont confrontés les parties prenantes kényanes et la manière de les surmonter. La principale préoccupation des participants consistait à savoir si le nouvel étiquetage et les nouvelles normes seraient adaptés au contexte local.
Stephen Mbithi, CEO de FPEAK, a souligné que les exportateurs kényans devaient s’engager dès maintenant et jouer un rôle actif dans l’élaboration de normes sur le carbone et l’eau. Alex Kasterine (ITC) a ajouté: «Un engagement accru est attendu de l’Afrique dans l’élaboration de normes afin que les producteurs kényans restent compétitifs». Guy Stinglhamber, directeur du COLEACP-PIP, a conclu par ces mots: «La gestion du carbone et de l’eau doit être menée par les producteurs kényans, pour les producteurs kényans».
Pour le COLEACP-PIP et l’ITC, l’atelier était également l’occasion d’identifier les besoins en termes de renforcement des capacités des entreprises et prestataires de services locaux en vue de prévoir une assistance plus ciblée, et conjointe, en 2012.
