Répondre à la pénurie de produits phytosanitaires pour les « utilisations mineures » en Europe
Le 7 Novembre 2011, le COLEACP-PIP a assisté à une importante conférence organisée à Bruxelles par un consortium d'associations européennes de la chaîne agro-alimentaire (sous l’égide du COPA-COGECA), portant sur l'utilisation et la disponibilité des produits de protection des plantes (PPP) pour les cultures mineures en Europe. Une réunion antérieure avait conduit la Commission Européenne, en concertation avec les différents acteurs concernés, à commanditer une étude sur l’importance de ces cultures mineures et la possibilité de création d'un fonds européen pour les usages mineurs des PPP. L'étude est maintenant terminée, et ce second événement a été organisé pour discuter des résultats et émettre des propositions qui seront présentées par la Commission Européenne au Parlement de l'UE et au Conseil des ministres.
Bien que classées comme «mineures», ces cultures sont loin d'être négligeables que ce soit financièrement ou en termes de sécurité alimentaire. Elles comprennent les fruits, légumes, herbes et plantes ornementales, dont la production est estimée à une valeur d’environ 70 milliards d'euros par an, ce qui représente 20 à 22% de la valeur totale de la production agricole européenne. Malgré leur importance, on observe une pénurie croissante de solutions de protection de ces cultures économiquement viables. De nombreuses matières actives ont été retirées du marché suite au processus d'évaluation des matières actives conformément à la Directive 91/414. Les tentatives pour résoudre le problème énoncées dans le Règlement 1107/2009 telles que les extensions de certaines autorisations aux utilisations mineures ne sont pas suffisantes. En conséquence, le manque de PPP enregistrés pour les cultures mineures dans l'UE est désormais considéré comme mettant en péril les rendements et la qualité des produits, augmentant le risque de résistance et d'utilisations illégales, affectant les revenus des producteurs, et compromettant la compétitivité et la durabilité du secteur horticole.
Les participants à la conférence sont arrivés à un consensus sur un certain nombre de points clés. Un Programme européen pour les cultures mineures est essentiel pour assurer une meilleure communication entre les autorités et la chaîne agro-alimentaire, ainsi que la coordination du financement des projets de l'UE de recherche de nouvelles solutions de protection des cultures. De plus, la Commission Européenne est prête à prendre les devants: la DG SANCO communiquera les besoins des différents acteurs aux autres directions générales de la Commission, notamment à la DG Recherche. Enfin, des solutions concrètes développées par les 10 associations de la chaîne agro-alimentaire pourraient considérablement améliorer la situation, y compris par la mise en place d’une base de données européenne sur les produits et les usages, et une plus grande utilisation de la reconnaissance mutuelle des substances actives autorisées au niveau des États membres.
Une proposition relative à un plan d’actions et à un financement européen de la gestion des usages mineurs, sera présentée à la Commission et au Parlement européens le 14 Décembre 2011. Des actions concrètes au sein de l'Union européenne résultant de cette conférence pourraient aider à encourager la recherche par l'industrie phytopharmaceutique pour développer des matières actives alternatives et des solutions de protection des cultures. Des autorisations européennes, ainsi qu’un renforcement de la recherche et du développement, aura un effet ricochet sur la disponibilité de solutions de protection des végétaux pour les exportations horticoles des ACP vers l'UE. Pour plus d'informations, voir: www.copa-cogeca.be.
