L’horticulture d’exportation facteur de modernisation de l’agriculture africaine - Bruxelles, le 10 février 2009

A l’occasion du prochain Salon International de l’Agriculture, le CIRAD organise le 24 février à Paris une table ronde sur la thématique « Fruits et Légumes, Alimentation et Santé pour le Sud ». Le programme PIP du COLEACP y prendra la parole pour montrer, à travers les résultats positifs de son action de coopération en pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), que l’horticulture d’exportation des pays ACP contribue à la modernisation et au développement de l’horticulture vivrière. En outre, l’horticulture d’exportation constitue un véritable vecteur de transfert de technologie pour l’agriculture vivrière locale.

Le PIP est un programme européen de coopération, financé par le Fonds Européen du Développement, qui vise à permettre aux entreprises ACP de se conformer aux exigences européennes en matière de qualité sanitaire et de traçabilité ainsi qu’à consolider la place des petits producteurs dans la filière d’exportation horticole ACP. Le COLEACP, auquel la Commission Européenne et le Groupe des Etats ACP ont confié la mise en œuvre du PIP, est une association interprofessionnelle d’exportateurs d’Afrique, des Caraïbes, du Pacifique et d’importateurs européens, qui œuvrent ensemble à la promotion d’un commerce horticole durable entre ces origines et l’Union européenne.

Le PIP a été lancé en 2001 dans un contexte d’urgence, les pays ACP étant alors menacés de se voir écartés du marché horticole européen, du fait de changements réglementaires sur les pesticides dans l’U.E.. Après 8 ans d’activité, le PIP est désormais implanté dans 28 Etats ACP et couvre 80% du secteur d’exportation horticole ACP.

Outre les résultats directs obtenus auprès des entreprises ou prestataires de services locaux bénéficiaires du PIP en matière de sécurité sanitaire, la modernisation des filières d’exportation a eu des effets collatéraux positifs sur les économies locales. Les revenus dégagés par les petits producteurs, fournisseurs des exportateurs, leur permettent de subvenir à leurs besoins alimentaires et de scolariser leurs enfants. Les bonnes pratiques agricoles développées sur base d’itinéraires techniques respectueux des normes sanitaires européennes et adaptés aux conditions ACP ont bénéficié aux productions locales. Le système de formation de formateurs à la qualité sanitaire et en particulier à l’hygiène, créé et mis en œuvre par le programme, a généré de nouveaux métiers qui contribuent au développement de l’économie locale.

Pour ces raisons, il est important de ne pas tomber dans la facilité en faisant de l’exportation agricole le « grand méchant loup » de l’agriculture des économies les plus pauvres et de faire savoir qu’au contraire, le développement du commerce est facteur d’allègement de la pauvreté dans les pays en développement et, en cela, contribue à l’atteinte des Objectifs du Millénaire.

Pour plus d’informations, contactez : emmanuel.bourcelet@coleacp.org